Mardi 7 juillet 2009
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d'après une oeuvre de philip yancey
Qui il était.
Chapitre un. Le Jésus que je pensais connaître.
Supposez que nous nous entendions une foule de parler d'un inconnu. À notre grande surprise, certains le disent trop grand, d'autres trop petit, certains lui
reprochent sa corpulence, nous d'autres déplorent sa maigreur, certains le déclarent trop brun, d'autres trop blond. Ce peut être une explication que de dire qu'il a un aspect bizarre. Mais il y a
une autre explication. Il peut avoir une forme normale... Peut-être la chose extraordinaire est-elle la chose ordinaire ; du moins la chose normale, le centre.

J'ai appris à connaître Jésus dès l'enfance, adressant fidèlement mes prières au seigneur avant le coucher, chantant " oui, Jésus m'aime" à l'école du dimanche et suivant attentivement les récits
bibliques mises en scène par les moniteurs, à grand renfort de bricolage. J'associai vaguement Jésus au jus d'orange, aux sucreries et aux autres gratifications reçues en récompense de mon
assiduité hebdomadaire.
Parmi mes souvenirs d'école du dimanche, une image en particulier reste gravé dans ma mémoire : une peinture à lui l'accrochait sur un mur de blocs apparents. Jésus y portait de très longs cheveux,
comme aucun homme dans mon entourage direct. Son visage était marin fait beau, sa peau très blanche avait un aspect cireux et de. Il portait une longue robe pourpre et l'artiste avait pris soin de
représenter l
e jeu des ombres et de la
lumière sur les pans de son vêtement. dans ses bras, Jésus Beck fait un ami aux minuscules, paisiblement endormi. J'imaginais que j'étais cette agneau, béni au-delà des mots.
Récemment, j'ai lu un livre de Charles Dickens, dans lequel il résume la vie de Jésus a l'intention de ses enfants. À cet effet, l'ouvrage met en scène une gentille nounou, directement issu de la
plus pure tradition victorienne, et qui a coutume de tapoter affectueusement la tête des petiots, en répétant :" les enfants, soyez sages avec votre papa et votre maman." Immédiatement, le tableau
de mon enfance n'est revenu en mémoire : jésuite est gentil et rassurant, dépourvu de la moindre sévérité ; une espèce de nounours avant l'heure. Enfant, je me sentais complètement rassuré par un
tel personnage.
tout le tard, en fréquentant l'école biblique, j'ai cependant été confronté à une image très différente de Jésus. Un dessin très populaire à l'époque le représentait les mains tendues, suspendus
dans une pose à la Delhi au-dessus du grand immeuble des Nations unies à New York. Il était alors le jésus cosmique, celui en qui toutes choses cohabitent, le point fixe d'un monde en perpétuel
mouvement. Ce personnage cosmique s'est situé à des années-lumière du berger de mon enfance, je cajolais un petit agneau.
Pourtant, les étudiants évoquaient ce jésus universel avec une familiarité déconcertante. La faculté nous pressait de développer une relation personnelle avec le Christ et le moment de culte
résonnait de cantiques exprimant notre amour pour lui en des termes des plus familiers. À travers l'un de ses champs, nous nous imaginions par exemple en promenade en sa compagnie, dans un jardin
encore chargé de rosée matinale. Pour témoigner de leur foi, les étudiants recouraient le plus naturellement du monde à des expressions telles que : le seigneur m'a dit..., pourtant, pendant mes
études, ma propre foi est demeuré empreinte d'un certain scepticisme. J'étais méfiant, confus et l'interrogateur.
considérons avec le recul les années passées à l'école biblique, je constate aujourd'hui qu'en dépit de l'intimité qui semblait caractériser notre piété, je n'ai cessé de m'y éloigner toujours plus
de Jésus. Il était devenu pour moi un vulgaire objet d'études. Ainsi, j'ai appris par coeur la liste des 34 miracles spécifiques rapportés dans les Évangiles, mais je manquais de désir le véritable
impact d'un seul d'entre. J'ai mémorisé le texte des béatitudes sans jamais approfondir le fait qu'aucun d'entre nous (moi encore moins que les autres fermaient) ne puisse donner un véritable sens
à ses déclarations énigmatiques, et encore moins y conformer sa manière de vivre.
un peu plus tard, les années 60 (qui m'ont seulement rattrapé, ainsi que la plupart des chrétiens, au début des années 70) ont tout remis en question. Le jésus excentrique (l'expression aurait une
valeur d'oxymore dans les paisibles années 50 ) a soudain fait son apparition, comme si des extraterrestres l'avaient subitement déporter sur le devant de la scène.désormais, les disciples de Jésus
n'étaient plus exclusivement de purs spécimens de la bourgeoisie, toujours tiré à quatre épingles. Au contraire, certains de ces nouveaux fidèles s'apparentaient plutôt à des extrémiste débraillé
et échevelé. Sous l'impulsion des théologiens du libéralisme, Jésus s'est alors trouvé sur des posters emblématiques aux côtés de Fidel Castro et de Che Guevara.
J'ai pris conscience que pratiquement tous les portraits, y compris le bon berger de mon enfance et de Jésus des Nations unies, représentait Jésus avec des moustaches et une barbe, dont le port
était pourtant strictement interdit par le règlement de l'école biblique. Des questions me taraudaient qu'il ne m'a fait pourtant jamais traverser l'esprit auparavant. Par exemple, comment le
simple fait de promouvoir l'amour du prochain pouvait-il précipiter un homme vers la crucifixion ? Quel gouvernement exécuterait nounours ou Casimir ? Thomas Paine décréta qu'aucune religion dont
un seul dogme heurterait la sensibilité d'un petit enfant ne pouvait être réellement divine. La croix résisterait-elle aux tests ?
en 1971, j'ai visionné pour la première fois le film du réalisateur italien Pierre Paolo pasolini vous vous l'Évangile selon Mathieu. À sa sortie en 1964, il avait scandalisé non seulement les
autorités religieuses, qui reconnurent à peine le jésus porté à l'écran, mais également l'industrie du cinéma, qui connaissait l'homosexualité et les opinions marxistes de pasolini. En ricanant, le
réalisateur controversé dédia son film au pas Jean XXIII, l'homme indirectement responsable de sa création. En effet,piégé dans un gigantesque embouteillage provoqué par une visite papale à
Florence,pasolini avait pris une chambre d'hôtel où, mort d'ennui, il avait fini par ouvrir un exemplaire du nouveau testament disponible sur la table de chevet, pour y lire l'Évangile selon
Mathieu.
Le film de pasolini reflète bien le réexamen de Jésus qui eut lieu dans les années 60. Je tournais dans le sud de l'Italie avec des moyens réduits, il évoque sur fond crayeux et poussiéreux le
paysage palestinien dans lequel Jésus vécu. Les pharisiens y arborent au couvre-chef, tandis que les soldats du roi Hérode ressemblent vaguement au squadristi fasciste. Les disciples se comportent
comme autant de nouvelle recrue inexpérimentée et bonne à rien, mais Jésus lui apparaît sans peur, le regard plein d'assurance est animé d'une intensité pénétrante. Ces paraboles et autres maximes
fusent dans les phrases courtes et percutantes, qu'il lance par-dessus l'épaule, en se rendant d'un lieu à l'autre.
L'impact du film de pasolini ne saurait être mieux perçu que par ceux et celles qui traversaient l'adolescence pendant cette période tumultueuse. Il y eut alors le pouvoir de réduire au silence un
public moqueur assemblé dans les salles obscures. Les étudiants radicaux prirent conscience qu'ils n'étaient pas les premiers à proclamer un message aussi ahurissant contre le matérialisme et
l'hypocrisie, et qui visait avant tout à promouvoir l'amour et la paix.
Pour ma part, le film contribua à m'imposer une réévaluation dérangeante de l'image que j'entretenais de jésus jusqu'alors. Sur le plan de l'apparence physique, mais Jésus marqué sa préférence pour
des individus qui ont été immédiatement expulsés dès l'école biblique et chassée de la plupart des églises. Parmi ses contemporains, il se forgea d'une façon ou d'une autre une réputation de «
mouton et d'ivrognes » (Luc 7. 34 TOB). Les autorités, religieuses ou politiques, le considéraient comme un fauteur de troubles, une menace pour la paix. Il parlait et agissait comme un
révolutionnaire, maîtrisant la réputation, la famille, la propriété et autre étalons traditionnelle de la réussite. Je ne pouvais pas ignorer que les dialogues du film de pasolini provenais
entièrement de l'Évangile de Mathieu mais, de toute évidence, leur message ne correspondait pas du tout à ma conception initiale de Jésus.
À la Belle Époque environ, un chrétien du nom Bill Milliken, fondateur d'une communauté dans un quartier défavorisé, écrivit un livre dont le titre exprimait tout à fait le changement est à
l'oeuvre en moi : (adieu, gentil Jésus (. Je travaillais alors comme éditeur pour campus Life, l'un des magazines officiels de Genève pour Christ. « Mais qui n'était que Jésus-Christ, après tout ?
» Me demandai-je. En écrivant et en corrigeant les textes d'autres auteurs, un doute discret mais tenace chuchotait insidieusement à mon oreille : « crois-tu vraiment ce que tu écris ? Ou de
conjoncture de répercuter la ligne du parti, celle que l'on paye pour croire ? As-tu rejoint les rangs rassurants et conservateurs de l'ordre établi, version moderne des groupes qui se sentaient
tellement menacés par Jésus ? »
le plus souvent, j'évitais décrire directement sur la personne de Jésus.
Lorsque j'allumais mon ordinateur ce matin, Microsoft Windows me rappela la date, reconnaissant implicitement que, peu importe nos convictions à ce sujet, la naissance du Christ fut à ce point
crucial qu'elle scinda irrémédiablement l'histoire de l'humilité en deux parties. Tout ce qui s'est jamais déroulé sur cette planète entre forcément dans l'une ou l'autre de ces deux catégories :
avant Jésus Christ ou après Jésus-Christ.
En 1969, quand les astronautes d'Appolo se posèrent pour la première fois sous la lune, Richard Nixon exultait. Il s'écria : « c'est le plus grand jour de la création ! », avant que Billy Graham
lui rappelle solennellement Noël et Pâques. En effet, si l'on s'en tient aux seules normes historiques, Graham avait raison. Ce galiléen qui, dans toute son existence, s'adresse à un mois
d'individus il en aurait fallu pour remplir un seul des nombreux stades que Graham a comblés, changea davantage la face du monde que tout autre individu. Il introduisit un nouveau champ de force
dans l'histoire et jouit désormais de la fidélité d'un tiers de toute humanité.
Aujourd'hui, on recourt même au nom de Jésus pour jurer. Ne serait-il pas étrange qu'après avoir manqué un coup au golf, un homme d'affaires s'écrie : « Napoléon Bonaparte ! » Aucun plombier
maugrée « Mahatma Gandhi ! » Pour s'être donné un coup de marteau sur les doigts ? Impossible de faire l'impasse sur cet homme prénommé Jésus.
« Plus de 19 siècles plus tard, écrit Herbert George Welles, un historien comme moi, qui se qualifie même pas de chrétiens, constate que les événements s'articulent irrésistiblement autour de la
vie et de la personnalité de cet homme particulièrement significatif... Le test de l'historien pour déterminer la grandeur d'un individu tient en une seule question :
Par olivier odinot
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Publié dans : vie chrétienne
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