Lundi 17 août 2009
Galerie d’Orléans au Palais Royal.
Fondation du Palais Royal –Donation du cardinal Richelieu à Louis XIII – Histoire de la galerie et sa description.
Le Palais Royal est tout moderne ; en 1624, lorsque le cardinal duc de richelieu acheta le terrain qu’il occupe, on n’y voyait que les deux vieux hôtels de Mercoeur et de Rambouillet ; alors, les rues Richelieu, Montpensier, Beaujolais, n’étaient pas ouvertes, et les jardins étaient  encore traversés diagonalement par les murs de l’ancien Paris. On éprouve quelques regrets en songeant qu’il ne reste aucune trace des transformations qu’a subi cette localité ; peut-être les habitués qui dans la belle saison savourent leurs glaces sous la fraîcheur parfumée du jet d’eau, aimeraient à reporter leur imagination au temps où les fossés de Paris traversaient la place sur laquelle leur table est dressée.
A la voix du Cardinal, toute cette partie de la capitale prit un nouvel aspect ; les hôtels furent jetés bas, les vieux murs démolis, les fossés comblés, le sol nivelé, la rue Richelieu percée. En 1629, l’architecte Lemercier fut charger des constructions. 
A cette époque, sur le terrain où est bâtie aujourd’hui la Galerie d’Orléans, s’étendait une terrasse, soutenue par 7 arcades à jour, qui s’étendait au niveau du 1er étage, et produisait à peu près l’effet que l’on remarque aujourd’hui. Les insignes de la charge de surintendant de la marine, dont le cardinal était revêtu, se répétaient entre chaque arcade, sculptés en relief : c’était une proue de vaisseau et deux ancres en dessous. Cette décoration ne se retrouve maintenant que sur l’aile droite de la cour d’honneur, en face du magasin de Chevet.
Ceux  qui dépensent, chaque soir leur temps dans la Galerie d’Orléans ont à peine quelques pas à faire pour aller jeter un coup d’œil sur ces ornements, qui seuls rappellent au public le souvenir du cardinal de Richelieu dans ce monument qu’il a fondé. C’est un petit pèlerinage à accomplir.
La magnificence que le cardinal déploya dans ses fêtes, la richesse voluptueuse et galante de ses appartements, lui eussent bientôt aliéné le cœur du roi, s’il n’eût fait disparaître cette cause de disgrâce, en cèdant à son maître, par donation entre vifs, son hôtel avec plusieurs  meubles et bijoux. Le roi expédia aussitôt au surintendant des finances un pouvoir, portant que : «  Sa Majesté ayant très agréable  la très humble supplication qui lui a été faite par le cardinal de Richelieu, d’accepter la donation de l’hôtel Richelieu, sa chapelle de Diamant, Sa Majesté accorde à Claude Bouthillier la faculté d’accepter. »
Par cette adroite manœuvre, le courtisan sut faire excuser toutes les dépenses qu’il avait faites, et justifier par avance toutes celles qu’il voulait faire encore pendant l’usufruit qu’il s’était réservé.
En 1692 cette demeure fut définitivement concédée  au duc d’Orléans, frère de Louis XIV, à titre d’apanage, et l’édifice ne subit aucune rénovation importante  jusqu’en 1763, où le signal d’une restauration complète fut donné par un incendie qui dévora la façade du corps du logis principal.
En 1781, Le Palais Royal commence une ère nouvelle ; il va devenir le centre le plus actif de Paris pour l’Industrie. L’architecte Louis, renommé pour la construction de la belle salle de spectacle de Bordeaux, est mandé par le duc de Chartres, d’après ses plans, on décide qu’une large bande de terrain sera prélevée sur le pourtour du jardin pour recevoir les trois grands corps de logis que nous voyons aujourd’hui. A cette nouvelle, la colère des Parisiens fut extrême. Chacun de crier. : d’abord, les propriétaires qui avaient des terrasses et des portes sur le jardin ; puis les promeneurs et les nouvellistes, qui pleuraient l’allée de marronniers plantée par le cardinal. Pour consoler tout se monde,  le prince fit distribuer une gravure  représentant les façades projetées, avec un texte qui rassurait les habitants sur l’avenir de leur promenade. Il semblait que ceux-ci fussent de moitié dans la propriété du Palais.
Malgré ses prévenances, Les Parisiens crièrent ; malgré les cris des Parisiens, les maçons et la foule allèrent leur train, et en 1787, trois façades furent achevées, mais les troubles survinrent lorsqu’on jetait les fondations de la quatrième, qui ne devait différer des trois autres que par un petit dôme, semblable au pavillon de l’horloge des tuileries, et par une colonnade inférieure, à jour. La révolution arrêtant les travaux, on construisit des hangars en planches dans lesquels on disposa deux promenoirs et deux rangées de baraques. Elles portèrent d’abord le nom de Camps de Tartares, qui fut bientôt remplacé par celui de Galerie de bois, Dont la renommée s’est étendue sur les 3 mondes.
Ceux qui peuvent comparer ses Galeries de Bois avec la belle promenade achevée en 1829, s’accorderont à remercier  la puissance industrielle qui transforme un cloaque en une magnifique habitation, mais ils seront unanimes à regretter que cette puissance n’ait pu donner un nouvel édifice la couleur pittoresque de l’ancien.
Un pavé de marbre, toujours brillant de propreté,  remplace la terre battue et fangeuse sur laquelle on piétinait ; un dôme de cristal multiplie les rayons du soleil, là où de petites fenêtres le tamisaient au travers de leur crasse ; des vestibules spacieux et de larges ouvertures appellent les ondulations de l’air qui croupissait autrefois dans les recoins ; des magasins transparents, éclatants de métal poli,  éclairé par un large vitrage, étalant des marchandises variées, ont été substitués aux vilaines barraques  tout ouvertes que la poussière envahissait. Des glaces sont plaquées de haut en bas sur chaque pilastre ; les ornements, les moulûres, sont prodigués ; une palissade à jour règne sur le pourtour au-dessous du toit de verre ; à l’extérieur une colonnade tourne autour de la galerie ; elle esr couronnée par une terrasse, sur laquelle s’élève symétriquement une enfilade de cylindres surmontés de boules dorées. Une double rangée de vases  remplis de fleurs achève la décoration  de la promenade supérieure, tandis qu’à l’intérieur une longue suite de globes de cristal se remplit chaque soir de lumière.
Eh bien ! Malgré toutes ces belles choses, malgré l’élégance du lieu, le Palais Royal a perdu une partie de son prestige, de son caractère original. Il n’a plus la couleur locale ; c’est un magnifique et riche bazar, mais ce n’est qu’une reproduction en grand des bazars, des passages, des galeries, dont Paris, chaque jour, se décore. Doit-on s’en plaindre ou s’en réjouir ? Ce que la moralité public a gagné compense-t-il la froideur qui règne dans ces lieux autrefois si animés ?  Je laisserai au lecteur le soin de répondre à cette question.
M. de Chateaubriand dit, en parlant des O-Tahïtiennes si voluptueuses autrefois et puritaines aujourd’hui, qu’elles expient dans un grand ennui la trop grande gaieté de leurs mères. Si ce principe d’expiation était une loi générale, le Palais Royal aurait pour longtemps à porter le deuil. Mais nous, qui ne pleurons point le vieux temps, nous ne voyons dans tout ceci  qu’une époque de repos. L’ancien que les Galeries de Bois avaient enfanté, et qui vivait dans leur obscurité, a dû disparaître et périr sous la lumière d’un ciel pur. Laissons couler quelque peu d’années, et la génération actuelle fera les frais d’un peuple nouveau, qui, sans avoir la licence de l’ancien, en reproduira la verve et l’originalité.
Galerie d’Orléans au Palais Royal.

Fondation du Palais Royal –Donation du cardinal Richelieu à Louis XIII – Histoire de la galerie et sa description.
 
Le Palais Royal est tout moderne ; en 1624, lorsque le cardinal duc de richelieu acheta le terrain qu’il occupe, on n’y voyait que les deux vieux hôtels de Mercoeur et de Rambouillet ; alors, les rues Richelieu, Montpensier, Beaujolais, n’étaient pas ouvertes, et les jardins étaient  encore traversés diagonalement par les murs de l’ancien Paris. On éprouve quelques regrets en songeant qu’il ne reste aucune trace des transformations qu’a subi cette localité ; peut-être les habitués qui dans la belle saison savourent leurs glaces sous la fraîcheur parfumée du jet d’eau, aimeraient à reporter leur imagination au temps où les fossés de Paris traversaient la place sur laquelle leur table est dressée.
A la voix du Cardinal, toute cette partie de la capitale prit un nouvel aspect ; les hôtels furent jetés bas, les vieux murs démolis, les fossés comblés, le sol nivelé, la rue Richelieu percée. En 1629, l’architecte Lemercier fut charger des constructions.
A cette époque, sur le terrain où est bâtie aujourd’hui la Galerie d’Orléans, s’étendait une terrasse, soutenue par 7 arcades à jour, qui s’étendait au niveau du 1er étage, et produisait à peu près l’effet que l’on remarque aujourd’hui. Les insignes de la charge de surintendant de la marine, dont le cardinal était revêtu, se répétaient entre chaque arcade, sculptés en relief : c’était une proue de vaisseau et deux ancres en dessous. Cette décoration ne se retrouve maintenant que sur l’aile droite de la cour d’honneur, en face du magasin de Chevet.
Ceux  qui dépensent, chaque soir leur temps dans la Galerie d’Orléans ont à peine quelques pas à faire pour aller jeter un coup d’œil sur ces ornements, qui seuls rappellent au public le souvenir du cardinal de Richelieu dans ce monument qu’il a fondé. C’est un petit pèlerinage à accomplir.
La magnificence que le cardinal déploya dans ses fêtes, la richesse voluptueuse et galante de ses appartements, lui eussent bientôt aliéné le cœur du roi, s’il n’eût fait disparaître cette cause de disgrâce, en cèdant à son maître, par donation entre vifs, son hôtel avec plusieurs  meubles et bijoux. Le roi expédia aussitôt au surintendant des finances un pouvoir, portant que : «  Sa Majesté ayant très agréable  la très humble supplication qui lui a été faite par le cardinal de Richelieu, d’accepter la donation de l’hôtel Richelieu, sa chapelle de Diamant, Sa Majesté accorde à Claude Bouthillier la faculté d’accepter. »
Par cette adroite manœuvre, le courtisan sut faire excuser toutes les dépenses qu’il avait faites, et justifier par avance toutes celles qu’il voulait faire encore pendant l’usufruit qu’il s’était réservé.
 
En 1692 cette demeure fut définitivement concédée  au duc d’Orléans, frère de Louis XIV, à titre d’apanage, et l’édifice ne subit aucune rénovation importante  jusqu’en 1763, où le signal d’une restauration complète fut donné par un incendie qui dévora la façade du corps du logis principal.
En 1781, Le Palais Royal commence une ère nouvelle ; il va devenir le centre le plus actif de Paris pour l’Industrie. L’architecte Louis, renommé pour la construction de la belle salle de spectacle de Bordeaux, est mandé par le duc de Chartres, d’après ses plans, on décide qu’une large bande de terrain sera prélevée sur le pourtour du jardin pour recevoir les trois grands corps de logis que nous voyons aujourd’hui. A cette nouvelle, la colère des Parisiens fut extrême. Chacun de crier. : d’abord, les propriétaires qui avaient des terrasses et des portes sur le jardin ; puis les promeneurs et les nouvellistes, qui pleuraient l’allée de marronniers plantée par le cardinal. Pour consoler tout se monde,  le prince fit distribuer une gravure  représentant les façades projetées, avec un texte qui rassurait les habitants sur l’avenir de leur promenade. Il semblait que ceux-ci fussent de moitié dans la propriété du Palais.
Malgré ses prévenances, Les Parisiens crièrent ; malgré les cris des Parisiens, les maçons et la foule allèrent leur train, et en 1787, trois façades furent achevées, mais les troubles survinrent lorsqu’on jetait les fondations de la quatrième, qui ne devait différer des trois autres que par un petit dôme, semblable au pavillon de l’horloge des tuileries, et par une colonnade inférieure, à jour. La révolution arrêtant les travaux, on construisit des hangars en planches dans lesquels on disposa deux promenoirs et deux rangées de baraques. Elles portèrent d’abord le nom de Camps de Tartares, qui fut bientôt remplacé par celui de Galerie de bois, Dont la renommée s’est étendue sur les 3 mondes.
Ceux qui peuvent comparer ses Galeries de Bois avec la belle promenade achevée en 1829, s’accorderont à remercier  la puissance industrielle qui transforme un cloaque en une magnifique habitation, mais ils seront unanimes à regretter que cette puissance n’ait pu donner un nouvel édifice la couleur pittoresque de l’ancien.
Un pavé de marbre, toujours brillant de propreté,  remplace la terre battue et fangeuse sur laquelle on piétinait ; un dôme de cristal multiplie les rayons du soleil, là où de petites fenêtres le tamisaient au travers de leur crasse ; des vestibules spacieux et de larges ouvertures appellent les ondulations de l’air qui croupissait autrefois dans les recoins ; des magasins transparents, éclatants de métal poli,  éclairé par un large vitrage, étalant des marchandises variées, ont été substitués aux vilaines barraques  tout ouvertes que la poussière envahissait. Des glaces sont plaquées de haut en bas sur chaque pilastre ; les ornements, les moulûres, sont prodigués ; une palissade à jour règne sur le pourtour au-dessous du toit de verre ; à l’extérieur une colonnade tourne autour de la galerie ; elle esr couronnée par une terrasse, sur laquelle s’élève symétriquement une enfilade de cylindres surmontés de boules dorées. Une double rangée de vases  remplis de fleurs achève la décoration  de la promenade supérieure, tandis qu’à l’intérieur une longue suite de globes de cristal se remplit chaque soir de lumière.
Eh bien ! Malgré toutes ces belles choses, malgré l’élégance du lieu, le Palais Royal a perdu une partie de son prestige, de son caractère original. Il n’a plus la couleur locale ; c’est un magnifique et riche bazar, mais ce n’est qu’une reproduction en grand des bazars, des passages, des galeries, dont Paris, chaque jour, se décore. Doit-on s’en plaindre ou s’en réjouir ? Ce que la moralité public a gagné compense-t-il la froideur qui règne dans ces lieux autrefois si animés ?  Je laisserai au lecteur le soin de répondre à cette question.
 
M. de Chateaubriand dit, en parlant des O-Tahïtiennes si voluptueuses autrefois et puritaines aujourd’hui, qu’elles expient dans un grand ennui la trop grande gaieté de leurs mères. Si ce principe d’expiation était une loi générale, le Palais Royal aurait pour longtemps à porter le deuil. Mais nous, qui ne pleurons point le vieux temps, nous ne voyons dans tout ceci  qu’une époque de repos. L’ancien que les Galeries de Bois avaient enfanté, et qui vivait dans leur obscurité, a dû disparaître et périr sous la lumière d’un ciel pur. Laissons couler quelque peu d’années, et la génération actuelle fera les frais d’un peuple nouveau, qui, sans avoir la licence de l’ancien, en reproduira la verve et l’originalité.
Par olivier - Publié dans : histoires fantastiques - Communauté : écologie nature et histoire
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Mardi 21 juillet 2009

 

De l’influence à la conversation.
La France est le pays où l’on cause le mieux ; à cet égard toutes les nations lui rendent hommage, se réservant seulement le droit  de considérer notre besoin  de conversation comme une frivolité. Frivolité soit, mais ce besoin est impérieux. « La parole, dit madame de Staël, est chez les Français un instrument dont on aime à jouer, et qui ranime les esprits, comme la musique chez certains peuples, et les liqueurs fortes chez quelques-uns autres. »
Nous aussi nous attachons à la conversation une grande importance ; nous oserions croire que si, en France, les rangs sont moins qu’ailleurs tranchés, si les prétentions sont moins exclusives, cela vient de ce que le besoin de causer n’a sas cesse agi pour rapprocher les distances ; Nous croyons en outre que si ces distances demeurent encore très grandes, cela tient à ce que certaines classes de la société ne possèdent point tout les éléments nécessaires de la conversation. Quelques exemples  éclairciront notre pensée.
Qu’un riche banquier et un sous-lieutenant à douze cent francs se trouvent dans un lieu public à côté l’un de l’autre ! Ils causeront fort bien ensemble sans se connaître, parce qu’une éducation générale fournit à leur conversation une multitude d’éléments communs qui leurs servent de lien. Qu’un général en diligence s’accoste au plus humble commis d’administration ! Ils rouleront de pairs, dîneront sans embarras à la même table, et pourront passer la nuit dans une même chambre,  sans éprouver ce malaise bien connu qui attaque le monsieur le moins fier, au voisinage prolongé d’un riche maçon,  par exemple, ou d’un roulier. Pourquoi en est-il ainsi ?  C’est que le général et le commis ont un fonds commun de connaissance variées qui fournit au frais de la conversation. Au contraire, qu’un avocat sans fortune tombe amoureux de la riche héritière d’une marchande de poissons : « Prenez gardes, lui diront ses amis les plus dégagés de préjugés : Ne vous mariez pas, car vous épouseriez toute la famille, et ces gens-là (fierté à part) ne possèdent pas au plus petit degré les éléments du commerce habituel de la vie. »
Enfin, prenez le philanthrope le plus ardent, le radical le plus consciencieux ; chacun d’eux, après avoir distribué  sa soupe économique ou payé le tribut populaire de son cours gratuit, reprendra son chapeau avec vitesse, déposera en se retirant le visage de circonstance qu’il avait revêtu, et saisira avec un empressement marqué le bras d’une simple connaissance qu’il rencontrera sur son chemin, pour causer avec elle sur mille choses usuelles de la vie, dont ces clients ignorent le premier mot.
La difficulté de causer partage donc en quelque sorte la société en deux classes. Ce n’est pas que l’esprit de charité n’ait toujours cherché à combler cette lacune dans les relations du riche au pauvre. Il y a un formulaire courant de paroles d’intérêts ;  «  Hé bien, mon ami, comment allez-vous aujourd’hui ? »… Votre travail va-t-il bien ? C’est un bon métier que vous avez là. « Et votre femme, gagne-t-elle quelque chose aussi ? » . « Ah ! Tant mieux.Le petit bonhomme fait son apprentissage ? » Allons, c’est bien mon garçon ! du courage ! il faut devenir chef d’atelier. » Il existe même une ingénieuse pudeur qui, rougissant de toujours s’ériger en pédagogue, veut fournir à l’ouvrier l’occasion d’être professeur à son tour, et s’enquiert de lui, avec une charmante ignorance, de mille détails particuliers, paraissant apprécier fort délicatement une foule de choses dot au fond du cœur on ne se soucie nullement.
Mais toutes ces pratiques ne sont que des efforts de délicatesse, des tours de force passagers, qui ne peuvent longtemps résister devant l’ennui et la contrainte. On a beau dire et beau  faire, il n’en existe pas moins une ligne de séparation réelle, indépendante des préjugés politiques, et qu’on ne peut pas espérer d’effacer entièrement, même par l’enseignement élémentaire des écoles. On ne la fera disparaître qu’à l’aide d’une certaine diffusion de connaissances variées et d’un intérêt  habituel et général, qui rendra insensiblement les communications  plus agréables, plus facile, plus intimes entre toutes les classes de la société.
Or, cette voie nouvelle d’influence utile n’avait pas encore été franchement ouverte en France, et nous avons cédé à la conviction que le temps était venu.
De l’influence à la conversation.

La France est le pays où l’on cause le mieux ; à cet égard toutes les nations lui rendent hommage, se réservant seulement le droit  de considérer notre besoin  de conversation comme une frivolité. Frivolité soit, mais ce besoin est impérieux. « La parole, dit madame de Staël, est chez les Français un instrument dont on aime à jouer, et qui ranime les esprits, comme la musique chez certains peuples, et les liqueurs fortes chez quelques-uns autres. »
Nous aussi nous attachons à la conversation une grande importance ; nous oserions croire que si, en France, les rangs sont moins qu’ailleurs tranchés, si les prétentions sont moins exclusives, cela vient de ce que le besoin de causer n’a sas cesse agi pour rapprocher les distances ; Nous croyons en outre que si ces distances demeurent encore très grandes, cela tient à ce que certaines classes de la société ne possèdent point tout les éléments nécessaires de la conversation. Quelques exemples  éclairciront notre pensée.
Qu’un riche banquier et un sous-lieutenant à douze cent francs se trouvent dans un lieu public à côté l’un de l’autre ! Ils causeront fort bien ensemble sans se connaître, parce qu’une éducation générale fournit à leur conversation une multitude d’éléments communs qui leurs servent de lien.  Qu’un général en diligence s’accoste au plus humble commis d’administration ! Ils rouleront de pairs, dîneront sans embarras à la même table, et pourront passer la nuit dans une même chambre,  sans éprouver ce malaise bien connu qui attaque le monsieur le moins fier, au voisinage prolongé d’un riche maçon,  par exemple, ou d’un roulier. Pourquoi en est-il ainsi ?  C’est que le général et le commis ont un fonds commun de connaissance variées qui fournit au frais de la conversation. Au contraire, qu’un avocat sans fortune tombe amoureux de la riche héritière d’une marchande de poissons : « Prenez gardes, lui diront ses amis les plus dégagés de préjugés : Ne vous mariez pas, car vous épouseriez toute la famille, et ces gens-là (fierté à part) ne possèdent pas au plus petit degré les éléments du commerce habituel de la vie. »
Enfin, prenez le philanthrope le plus ardent, le radical le plus consciencieux ; chacun d’eux, après avoir distribué  sa soupe économique ou payé le tribut populaire de son cours gratuit, reprendra son chapeau avec vitesse, déposera en se retirant le visage de circonstance qu’il avait revêtu, et saisira avec un empressement marqué le bras d’une simple connaissance qu’il rencontrera sur son chemin, pour causer avec elle sur mille choses usuelles de la vie, dont ces clients ignorent le premier mot.
La difficulté de causer partage donc en quelque sorte la société en deux classes. Ce n’est pas que l’esprit de charité n’ait toujours cherché à combler cette lacune dans les relations du riche au pauvre. Il y a un formulaire courant de paroles d’intérêts ;  «  Hé bien, mon ami, comment allez-vous aujourd’hui ? »… Votre travail va-t-il bien ? C’est un bon métier que vous avez là. « Et votre femme, gagne-t-elle quelque chose aussi ? » . « Ah ! Tant mieux.Le petit bonhomme fait son apprentissage ? » Allons, c’est bien mon garçon ! du courage ! il faut devenir chef d’atelier. » Il existe même une ingénieuse pudeur qui, rougissant de toujours s’ériger en pédagogue, veut fournir à l’ouvrier l’occasion d’être professeur à son tour, et s’enquiert de lui, avec une charmante ignorance, de mille détails particuliers, paraissant apprécier fort délicatement une foule de choses dot au fond du cœur on ne se soucie nullement.
Mais toutes ces pratiques ne sont que des efforts de délicatesse, des tours de force passagers, qui ne peuvent longtemps résister devant l’ennui et la contrainte. On a beau dire et beau  faire, il n’en existe pas moins une ligne de séparation réelle, indépendante des préjugés politiques, et qu’on ne peut pas espérer d’effacer entièrement, même par l’enseignement élémentaire des écoles. On ne la fera disparaître qu’à l’aide d’une certaine diffusion de connaissances variées et d’un intérêt  habituel et général, qui rendra insensiblement les communications  plus agréables, plus facile, plus intimes entre toutes les classes de la société.
Or, cette voie nouvelle d’influence utile n’avait pas encore été franchement ouverte en France, et nous avons cédé à la conviction que le temps était venu.

 

Par olivier odinot - Publié dans : histoires fantastiques - Communauté : passion de vie
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Samedi 18 juillet 2009
Cette fontaine n'avait autrefois que 3 côtés, et était adossée à l'angle de la rue Saint-Denis et de la rue au Fers. Sa première construction datait du XIII ème siècle; En 1550 elle fut réparée : les travaux d'architecture en furent alors confiés à Pierre Lescot, abbé de Clagny, et les sculptures à notre célèbre Jean Goujon, tué le jour de la Saint-Barthélémy.
Dans le mois de mars 1788, sur la proposition d'un ingénieur nommé Six, toutes les parties de son monument dignes d'être conservées furent transportées au milieu du marché des Innocents, qu'on commençait à établir, et la fontaine fut réédifiée d'après un plan nouveau. Comme il fallait l'agrandir et lui donner quatre faces pour pouvoir l'isoler au centre d'une place carrée, on fut obligé de compléter l'architecture. Jean Goujon avait sculpté cinq Naïades, on eut soin de les laisser entre les pilastres des arcades, où les artistes admirent encore ces figures d'un caractère si naïf et si gracieux ; mais cinq naïades ne suffisaient plus : la régularité en exigeait huit. Pajou fut chargé d'en sculpter trois nouvelles : l'une d'elle est placée sur la face occidentale, et les deux autres sur la face méridionale.
L'effet de cette fontaine, avec ses cascades scintillantes au soleil d'été, ou glacées et immobiles comme un marbre blanc en hiver, est très remarquable : Les bruits de voix et l'activité du marché sont d'un singulier contraste qui n'a cependant rien de désagréable, l'emplacement étant assez vaste pour que l'industrie puisse bourdonner à l'aise et travailler à sa ruche sans nuire à la contemplation de l'art.  
Pendant toute la nuit, des voitures chargées de légumes, d’œufs, de beurre, sortent à la file de la rue saint-honoré, viennent emplir les galeries de bois ; et dès le lever du jour accourent en foule, pour faire leurs provisions, des revendeuses, des fruitières, des femmes de ménages et des domestiques de tous les quartiers de la capitale.
C’était un tout autre spectacle au Moyen Age, ces lieux où règne aujourd’hui tant d’activité, où la consommation de Paris paie un si riche tribut au commerce, offraient un aspect étrange.
Ce marché était un hideux cimetière : au milieu s’élevait en forme d’obélisque une lanterne de pierre qui, toute la nuit, éclairait les fosses.
On y voyait errer à leur gré, les hommes, les animaux.
Depuis le règne de Philippe Auguste, on avait construit à de longs intervalles  une enceinte de pierre qui ne fut achevée que très tard. Une partie en avait été bâtie aux frais du maréchal Boucicaut, une autre partie aux frais de ce fameux physicien, Nicolas Flamel, qui de son vivant était réputé sorcier.
Cette enceinte formait une galerie voûtée qu’on appela les charniers, et où étaient enterrés les morts privilégiés.
Les Parisiens s’empressaient  alors sous ces voûtes tristes et humides comme aujourd’hui dans les plus brillants passages. Ils marchaient sur des tombes. Des deux côtés, ils étaient harcelés par des offres de service des modistes, des lingères, des mercières, des écrivains, qui avaient des frais de loyer très élevées pour le temps à faire supporter aux pratiques. On avait dressé en un certain endroit un échafaudage où montaient des prédicateurs pour haranguer les passants. Dans la partie de la galerie située du côté de la rue de la Ferronnerie, il y  avait une peinture de la danse macabre ou danse des morts, dont un roman du bibliophile Jacob (M. Paul Lacroix) a fait dernièrement connaître les détails les plus intéressants.
Auprès du cimetière était l’église des innocents ; l’histoire rapporte qu’elle avait été fondée à l’occasion d’un assassinat, et que plusieurs fois elle fut interdite pour cause de crime.
Un grand tableau de Pierre Corneille élevé sur l’autel représentait le massacre des innocents.
Sur le bas-côté qui régnait le long du cimetière, dans l’intérieur de la nef, une petite lucarne obscure à grillages de fer laissait entrevoir la figure pâle, maigre et égarée de la recluse. C’était une femme qui s’était condamnée par jugement à finir ses jours dans une loge de quelques pieds, murée de toutes parts, et qui ne recevait que par cette fenêtre l’air et la lumière obscure de la ville.
On compte deux recluses volontaires du Xvème siècle enfermée en cette endroit : Jeanne la Vodrière, et Alix la Burgotte ; et une recluse condamné par  le parlement, Reine de Vendomois, femme libertine et voleuse, qui avait fait assassiner son mari, seigneur de Souldai.
L’église, le cimetière, les charniers, tout fut détruit à la fin du dernier cercle.
Un arrêt du conseil d’état rendu le 9 novembre 1785, ordonna que le cimetière soit converti en marché.
On a calculé qu’en sept siècles seulement il a dû être enfoui dans cet étroit espace un millions deux cent mille cadavres. Depuis longtemps les habitants des rues voisines se plaignaient de l’odeur pestilentielle qui s’exhalait de ces amas de squelettes et de chairs putréfiées ; plusieurs marchands, en ouvrant leur caves, avaient vu des cadavres éboulés sur leur tonneaux.
Depuis 1785 jusqu’en 1809, des fouilles successives firent découvrir un grand nombre de couches de cercueils à demi pourris, de crânes et d’ossements. La plupart de ces dépouilles funèbres ont été déposé aux catacombes.
S’il reste encore quelques débris de ces sépultures sous le marché ; ce ne peut être qu’à de grandes profondeurs.
Il semble toutefois que ce lieu doive toujours conserver quelques signes  de sa première destination. 
A peu de distance de la fontaine, à l’Ouest, du côté de la Halle aux draps,  dans l’intérieur du marché, sont toujours les tombes récentes de quelques-uns uns  des citoyens tués en combattant pendant la révolution de juillet 1830.






Par olivier odinot - Publié dans : histoires fantastiques - Communauté : Petits bonheurs du jour!!!!!!
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Mardi 7 juillet 2009
d'après une oeuvre de philip yancey
Qui il était.
Chapitre un. Le Jésus que je pensais connaître.

Supposez que nous nous entendions une foule de parler d'un inconnu. À notre grande surprise, certains le disent trop grand, d'autres trop petit, certains lui reprochent sa corpulence, nous d'autres déplorent sa maigreur, certains le déclarent trop brun, d'autres trop blond. Ce peut être une explication que de dire qu'il a un aspect bizarre. Mais il y a une autre explication. Il peut avoir une forme normale... Peut-être la chose extraordinaire est-elle la chose ordinaire ; du moins la chose normale, le centre.

J'ai appris à connaître Jésus dès l'enfance, adressant fidèlement mes prières au seigneur avant le coucher, chantant " oui, Jésus m'aime" à l'école du dimanche et suivant attentivement les récits bibliques mises en scène par les moniteurs, à grand renfort de bricolage. J'associai vaguement Jésus au jus d'orange, aux sucreries et aux autres gratifications reçues en récompense de mon assiduité hebdomadaire.
Parmi mes souvenirs d'école du dimanche, une image en particulier reste gravé dans ma mémoire : une peinture à lui l'accrochait sur un mur de blocs apparents. Jésus y portait de très longs cheveux, comme aucun homme dans mon entourage direct. Son visage était marin fait beau, sa peau très blanche avait un aspect cireux et de. Il portait une longue robe pourpre et l'artiste avait pris soin de représenter l
e jeu des ombres et de la lumière sur les pans de son vêtement. dans ses bras, Jésus Beck fait un ami aux minuscules, paisiblement endormi. J'imaginais que j'étais cette agneau, béni au-delà des mots.
Récemment, j'ai lu un livre de Charles Dickens, dans lequel il résume la vie de Jésus a l'intention de ses enfants. À cet effet, l'ouvrage met en scène une gentille nounou, directement issu de la plus pure tradition victorienne, et qui a coutume de tapoter affectueusement la tête des petiots, en répétant :" les enfants, soyez sages avec votre papa et votre maman." Immédiatement, le tableau de mon enfance n'est revenu en mémoire : jésuite est gentil et rassurant, dépourvu de la moindre sévérité ; une espèce de nounours avant l'heure. Enfant, je me sentais complètement rassuré par un tel personnage.


tout le tard, en fréquentant l'école biblique, j'ai cependant été confronté à une image très différente de Jésus. Un dessin très populaire à l'époque le représentait les mains tendues, suspendus dans une pose à la Delhi au-dessus du grand immeuble des Nations unies à New York. Il était alors le jésus cosmique, celui en qui toutes choses cohabitent, le point fixe d'un monde en perpétuel mouvement. Ce personnage cosmique s'est situé à des années-lumière du berger de mon enfance, je cajolais un petit agneau.

Pourtant, les étudiants évoquaient ce jésus universel avec une familiarité déconcertante. La faculté nous pressait de développer une relation personnelle avec le Christ et le moment de culte résonnait de cantiques exprimant notre amour pour lui en des termes des plus familiers. À travers l'un de ses champs, nous nous imaginions par exemple en promenade en sa compagnie, dans un jardin encore chargé de rosée matinale. Pour témoigner de leur foi, les étudiants recouraient le plus naturellement du monde à des expressions telles que : le seigneur m'a dit..., pourtant, pendant mes études, ma propre foi est demeuré empreinte d'un certain scepticisme. J'étais méfiant, confus et l'interrogateur. 

considérons avec le recul les années passées à l'école biblique, je constate aujourd'hui qu'en dépit de l'intimité qui semblait caractériser notre piété, je n'ai cessé de m'y éloigner toujours plus de Jésus. Il était devenu pour moi un vulgaire objet d'études. Ainsi, j'ai appris par coeur la liste des 34 miracles spécifiques rapportés dans les Évangiles, mais je manquais de désir le véritable impact d'un seul d'entre. J'ai mémorisé le texte des béatitudes sans jamais approfondir le fait qu'aucun d'entre nous (moi encore moins que les autres fermaient) ne puisse donner un véritable sens à ses déclarations énigmatiques, et encore moins y conformer sa manière de vivre.

un peu plus tard, les années 60 (qui m'ont seulement rattrapé, ainsi que la plupart des chrétiens, au début des années 70) ont tout remis en question. Le jésus excentrique (l'expression aurait une valeur d'oxymore dans les paisibles années 50 ) a soudain fait son apparition, comme si des extraterrestres l'avaient subitement déporter sur le devant de la scène.désormais, les disciples de Jésus n'étaient plus exclusivement de purs spécimens de la bourgeoisie, toujours tiré à quatre épingles. Au contraire, certains de ces nouveaux fidèles s'apparentaient plutôt à des extrémiste débraillé et échevelé. Sous l'impulsion des théologiens du libéralisme, Jésus s'est alors trouvé sur des posters emblématiques aux côtés de Fidel Castro et de Che Guevara.
J'ai pris conscience que pratiquement tous les portraits, y compris le bon berger de mon enfance et de Jésus des Nations unies, représentait Jésus avec des moustaches et une barbe, dont le port était pourtant strictement interdit par le règlement de l'école biblique. Des questions me taraudaient qu'il ne m'a fait pourtant jamais traverser l'esprit auparavant. Par exemple, comment le simple fait de promouvoir l'amour du prochain pouvait-il précipiter un homme vers la crucifixion ? Quel gouvernement exécuterait nounours ou Casimir ? Thomas Paine décréta qu'aucune religion dont un seul dogme heurterait la sensibilité d'un petit enfant ne pouvait être réellement divine. La croix résisterait-elle aux tests ?
en 1971, j'ai visionné pour la première fois le film du réalisateur italien Pierre Paolo pasolini vous vous l'Évangile selon Mathieu. À sa sortie en 1964, il avait scandalisé non seulement les autorités religieuses, qui reconnurent à peine le jésus porté à l'écran, mais également l'industrie du cinéma, qui connaissait l'homosexualité et les opinions marxistes de pasolini. En ricanant, le réalisateur controversé dédia son film au pas Jean XXIII, l'homme indirectement responsable de sa création. En effet,piégé dans un gigantesque embouteillage provoqué par une visite papale à Florence,pasolini avait pris une chambre d'hôtel où, mort d'ennui, il avait fini par ouvrir un exemplaire du nouveau testament disponible sur la table de chevet, pour y lire l'Évangile selon Mathieu.
Le film de pasolini reflète bien le réexamen de Jésus qui eut lieu dans les années 60. Je tournais dans le sud de l'Italie avec des moyens réduits, il évoque sur fond crayeux et poussiéreux le paysage palestinien dans lequel Jésus vécu. Les pharisiens y arborent au couvre-chef, tandis que les soldats du roi Hérode ressemblent vaguement au squadristi fasciste. Les disciples se comportent comme autant de nouvelle recrue inexpérimentée et bonne à rien, mais Jésus lui apparaît sans peur, le regard plein d'assurance est animé d'une intensité pénétrante. Ces paraboles et autres maximes fusent dans les phrases courtes et percutantes, qu'il lance par-dessus l'épaule, en se rendant d'un lieu à l'autre.
L'impact du film de pasolini ne saurait être mieux perçu que par ceux et celles qui traversaient l'adolescence pendant cette période tumultueuse. Il y eut alors le pouvoir de réduire au silence un public moqueur assemblé dans les salles obscures. Les étudiants radicaux prirent conscience qu'ils n'étaient pas les premiers à proclamer un message aussi ahurissant contre le matérialisme et l'hypocrisie, et qui visait avant tout à promouvoir l'amour et la paix.
Pour ma part, le film contribua à m'imposer une réévaluation dérangeante de l'image que j'entretenais de jésus jusqu'alors. Sur le plan de l'apparence physique, mais Jésus marqué sa préférence pour des individus qui ont été immédiatement expulsés dès l'école biblique et chassée de la plupart des églises. Parmi ses contemporains, il se forgea d'une façon ou d'une autre une réputation de « mouton et d'ivrognes » (Luc 7. 34 TOB). Les autorités, religieuses ou politiques, le considéraient comme un fauteur de troubles, une menace pour la paix. Il parlait et agissait comme un révolutionnaire, maîtrisant la réputation, la famille, la propriété et autre étalons traditionnelle de la réussite. Je ne pouvais pas ignorer que les dialogues du film de pasolini provenais entièrement de l'Évangile de Mathieu mais, de toute évidence, leur message ne correspondait pas du tout à ma conception initiale de Jésus.
À la Belle Époque environ, un chrétien du nom Bill Milliken, fondateur d'une communauté dans un quartier défavorisé, écrivit un livre dont le titre exprimait tout à fait le changement est à l'oeuvre en moi : (adieu, gentil Jésus (. Je travaillais alors comme éditeur pour campus Life, l'un des magazines officiels de Genève pour Christ. « Mais qui n'était que Jésus-Christ, après tout ? » Me demandai-je. En écrivant et en corrigeant les textes d'autres auteurs, un doute discret mais tenace chuchotait insidieusement à mon oreille : « crois-tu vraiment ce que tu écris ? Ou de conjoncture de répercuter la ligne du parti, celle que l'on paye pour croire ? As-tu rejoint les rangs rassurants et conservateurs de l'ordre établi, version moderne des groupes qui se sentaient tellement menacés par Jésus ? »
le plus souvent, j'évitais décrire directement sur la personne de Jésus.
Lorsque j'allumais mon ordinateur ce matin, Microsoft Windows me rappela la date, reconnaissant implicitement que, peu importe nos convictions à ce sujet, la naissance du Christ fut à ce point crucial qu'elle scinda irrémédiablement l'histoire de l'humilité en deux parties. Tout ce qui s'est jamais déroulé sur cette planète entre forcément dans l'une ou l'autre de ces deux catégories : avant Jésus Christ ou après Jésus-Christ.
En 1969, quand les astronautes d'Appolo se posèrent pour la première fois sous la lune, Richard Nixon exultait. Il s'écria : « c'est le plus grand jour de la création ! », avant que Billy Graham lui rappelle solennellement Noël et Pâques. En effet, si l'on s'en tient aux seules normes historiques, Graham avait raison. Ce galiléen qui, dans toute son existence, s'adresse à un mois d'individus il en aurait fallu pour remplir un seul des nombreux stades que Graham a comblés, changea davantage la face du monde que tout autre individu. Il introduisit un nouveau champ de force dans l'histoire et jouit désormais de la fidélité d'un tiers de toute humanité.
Aujourd'hui, on recourt même au nom de Jésus pour jurer. Ne serait-il pas étrange qu'après avoir manqué un coup au golf, un homme d'affaires s'écrie : « Napoléon Bonaparte ! » Aucun plombier maugrée « Mahatma Gandhi ! » Pour s'être donné un coup de marteau sur les doigts ? Impossible de faire l'impasse sur cet homme prénommé Jésus.
« Plus de 19 siècles plus tard, écrit Herbert George Welles, un historien comme moi, qui se qualifie même pas de chrétiens, constate que les événements s'articulent irrésistiblement autour de la vie et de la personnalité de cet homme particulièrement significatif... Le test de l'historien pour déterminer la grandeur d'un individu tient en une seule question :

 
Par olivier odinot - Publié dans : vie chrétienne
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Jeudi 2 juillet 2009

les pois de senteurs dégagent l'un des parfums les plus envoûtants du monde. Il n'y aurait aucun intérêt à cultiver des poids de senteurs sans odeur, c'est comme mordre dans une orange desséchée, sans pulpe ni jus, en découvrir sous le papier doré d'un oeuf de Pâques un chocolat de mauvaise qualité. S'il n'avait pas de parfum, il vaudrait mieux cultiver autre chose.
Peu importe le nombre de fleurs sur chaque tige ou la taille des pétales. Les variétés à petites fleurs et à tiges rectilignes sont peut-être plus faciles à intégrer dans les bouquets que les variétés aussi touffues qu'un tutu  de ballerine.
Privilégier les longues tiges, mais n'oubliez pas que vous pouvez toujours utiliser les tiges courtes d'une autre manière. les grainetiers ont créé des poids de senteurs gigantesques à fleurs multiples dont les tiges atteignent près de 45 cm de longueur. toutefois, le jardin de fleurs coupées comporte certainement assez de grosses fleurs à longues tiges et à inflorescences multiples sans qu'il soit nécessaire d'en ajouter. ce qu'il lui faut, c'est du parfum : secrets, puissant, capitaine... Ce qu'il y a de plus difficile à trouver et que nous offre les pois de senteur. Parmi les nouveaux cultivars, même lorsqu'ils sont vendus pour leur parfum, rares sont ceux qui embaument vraiment, et la fragrance est parfois si discrète qu'elle en devient inexistante. ces variétés -là ne parfumeront pas votre intérieur ; inutile d'en poser un bouquet sur la table de chevet pour sentir son arôme incomparable au réveil.
Les souches anciennes.

Pour être sûr d'obtenir des pois de senteur parfumés, refuser le progrès et revenez aux souches dites anciennes ou pour le moins aux variétés qui en sont directement issues, ce sont celles qui viennent de l'Italie du XVIIe siècle ou de l'Angleterre des XVIIIe et XIXe siècle, garnissez par exemple vos trépieds de "matucana " et de l'identique "cupani's original" et mettez en dans tous le jardin. Ce sont les pois de senteur les plus parfumés que l'on puisse cultiver, et il possède des couleurs riches et profondes, des ailes rouges cramoisies soutenues et une carène violette.
les cultures des " cupani's " apparaît dans un monastère de Palerme, en Sicile, en 1699, lorsqu'un moine découvre une fleur sauvage au fort parfum qui rapporte au couvent pour tenter de l'acclimater dans son jardin. Il en améliore la souche à fin que la plante atteigne une hauteur supérieure et que les fleurs soient plus grosses que celle de sa cousine sauvage. Le père cupani , tel était son nom, enverra des graines en Angleterre ou la plante deviendra l'ancêtre de tous les autres pois de senteur connus. Il en envoie aussi au Pérou, où les graines seront cultivées dans le village de matucana, dans les Andes. Des descendantes de cette souche reviendront en Angleterre beaucoup plus tard, au XIXe siècle. Il s'agit virtuellement de la même plante que la"cupani's ", mais avec une histoire horticole différente.
Il existe d'autres cultivars au parfum presque aussi puissant que ces deux célébrités. En aveugle," painted lady " remporte sans doute tous les suffrages. Cette variété a été introduite dans le chelsea  physic garden de Londres en 1737. Elle possède une ravissante carène rose et des ailes roses plus claires. Elle est suivie de près par " nousblack knight " en 1898, aux nuance cramoisie foncé.
Vous pouvez planter les trois pour les faire grimper selon debout en noisetier. Enfoncer une série de piquets en noisetier dans le sol de part et d'autre d'une allée. Pour former la voûte, ajouter des branches de noisetier plus fines courbés en arc que vous nouerez avec de la ficelle ou du fil de fer souple. Pour que le bois soit plus facile à plier, coupez-le en janvier ou en février.
il est également facile de fabriquer trépied avec des cannes de bambou ou des baguettes de noisetier. en formant un cercle d'1 m de diamètre environ, planté huit piquets dans le sol à 20 ou 30 cm de profondeur. rapprocher l'extrémité supérieure des huit piqués et attachez-les avec de la ficelle les huit fil de fer. si vous vous utiliserez des cannes de bambou ont si les branches ne sont pas assez fournies pour vous former une sorte de balai de sorcières, ajouter des piquets plus fins ont entouré la base de ficelle pour que les plantes disposent de support pour s'accrocher et grimper. Tous les pois de senteur montent jusqu'à 2,5 à 3 m en fonction de la manière dont ils sont conduits.
 la période des familles de pois de senteur. 
il est préférable de semer les pois de senteur ans d'automne, même dans les climats assez froids. Ces semis donnent des plants plus gros qui fleurissent plus tôt que les semis de printemps. Soit, dès la deuxième ou troisième semaine de mai. Si vous semez au printemps, en devrait patienter un mois de plus. La fin du printemps étant une saison assez maigre, il est intéressant de disposer de fleurs en cette période.
au bout d'un mois de floraison environ, les plans semés au printemps ont tendance à s'épuiser et à souffrir du mildiou au pied, notamment lorsque l'été est chaud. Lorsqu'on les sème  en automne, ils paraissent mieux résister à la maladie, probablement par ce que leur système radiculaire est plus étendu et les rend plus robuste. En d'autres, le fait de les semer en automne évite de le faire au printemps suivant, à l'époque où le jardin demande le plus d'attention. 

Par olivier odinot - Publié dans : jardin - Communauté : Petit jardinage et bricolage
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